J'ai passé ma vie à attendre. Des trains, des avions, des bus, des gens. Gares, aéroports, vie sentimentale mouvementée. J'ai passé mon temps à attendre. A partir sans trop savoir où j'allais, quand je rentrerai, et en essayant dans le même temps de ne pas oublier d'où je venais en chemin.
J'ai appris à attendre. A aimer le moment qui précède. Précède quoi? ou qui? Le bonheur, celui avec un grand B, la dispute, ou le changement. Chaque train m'a amené plus loin que je ne l'aurais jamais imaginé. La destination est secondaire, c'est le voyage qui compte.
J'ai trouvé qui j'étais entre deux bus sncf pourris, un avion pour N-Y, et le billet de retour d'une relation sentimentale sans issue.
Je détestais attendre, je détestais être seule. Aujourd'hui, j'en ai besoin. Viscéralement. Attendre le bac, l'appart à stras, l'Homme. Celui qui changera tout. Celui qui me changera. Celui qui sera capable de changer pour moi. Et être seule pour ne penser qu'à soi. A ce que l'on est, ce que l'on est pas. Ce que l'on veut au plus profond de soi, ce que l'on se refuse à être.Ce que l'on ne veut plus.
Je fais connaissance avec moi-même entre ces deux pûtains d'arrêts en gare. Retard de trente minutes environ. Retard de 17ans à avoir voulu plaire, complaire, à avoir été influencée, trahie, aimée, haïe, critiquée, entourée pour le principe mais pas par affinités.
Veuillez vous éloigner du quai, je n'éprouve plus le besoin de vos bouches qui recrachent, au choix, du vent ou du venin. PLus besoin de personne meuf. je suis Libre. J'ai grandi. J'ai peur de rien meuf. Je veux bouffer le monde. J'ai juste besoin d'un expresso bien serré et sans sucre. Et J'me casse. Enfin.
i Adios !